Charles Baudelaire

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Charles Baudelaire (April 9, 1821—August 31, 1867) was a French poet, critic and translator.

Sourced

  • Everything that gives pleasure has its reason. To scorn the mobs of those who go astray is not the means to bring them around.
    • Tout ce qui plaît a une raison de plaire, et mépriser les attroupements de ceux qui s'égarent n'est pas le moyen de les ramener où ils devraient être.
    • Quelques mots d'introduction, Salon de 1845 (May 1845) [1]
  • All beauties, like all possible phenomena, have something of the eternal and something of the ephemeral— of the absolute and the particular.
    • Toutes les beautés contiennent, comme tous les phénomènes possibles, quelque chose d'éternel et quelque chose de transitoire— d'absolu et de particulier.
    • De l'héroïsme de la vie moderne, Salon de 1846, XVIII (1846) [2]
  • We have psychologized like the insane, who aggravate their madness in struggling to understand it.
    • Nous avons psychologisé comme les fous, qui augmentent leur folie en s’efforçant de la comprendre.
    • La Fanfarlo (1847) [3]
  • Hypocrite reader— my likeness— my brother!
    • Hypocrite lecteur,— mon semblable,— mon frère!
    • Au Lecteur [To the Reader], Les Fleurs du Mal (1857) [4]
  • The poet resembles the prince of the storm-clouds
    Who brazens the tempest and laughs at the archer;
    Exiled upon the earth, surrounded by hooting,
    His giant’s wings impede him from walking.
    • Le Poète est semblable au prince des nuées
      Qui hante la tempête et se rit de l’archer ;
      Exilé sur le sol au milieu des huées,
      Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.
    • L’Albatros [The Albatross], Les Fleurs du Mal (1857) [5]
  • Nature is a temple where living columns
    Let slip from time to time uncertain words;
    Man finds his way through forests of symbols
    Which regard him with familiar gazes.
    • La Nature est un temple où de vivants piliers
      Laissent parfois sortir de confuses paroles;
      L’homme y passe à travers des forêts de symboles
      Qui l’observent avec des regards familiers.
    • Correspondances [Correspondences], Les Fleurs du Mal, (1857) [6]
  • Free man, you will always cherish the sea.
    • Homme libre, toujours tu chériras la mer.
    • L'Homme et la Mer [Man and the Sea], Les Fleurs du Mal (1857) [7]
  • I am lovely, O mortals, like a dream of stone;
    And my breast, where everyone is bruised in his turn,
    Has been made to awaken in poets a love
    That is eternal and as silent as matter.

    I am throned in blue sky like a sphinx unbeknown;
    My heart of snow is wed to the whiteness of swans;
    I detest any movement displacing still lines,
    And never do I weep and never laugh.
    • Je suis belle, ô mortels! comme un rêve de pierre,
      Et mon sein, où chacun s’est meurtri tour à tour,
      Est fait pour inspirer au poète un amour
      Eternel et muet ainsi que la matière.

      Je trône dans l’azur comme un sphinx incompris;
      J’unis un cœur de neige à la blancheur des cygnes;
      Je hais le mouvement qui déplace les lignes,
      Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.
    • La Beauté [Beauty], Les Fleurs du Mal (1857) [8]
  • There, all is order and beauty only,
    Splendor, peace, and pleasure.
    • Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
      Luxe, calme et volupté.
    • L'Invitation au Voyage [Invitation to the Voyage], Les Fleurs du Mal (1857) [9]
  • Soon we will plunge into the cold darkness;
    Farewell, vivid brightness of our too-short summers!
    • Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres;
      Adieu, vive clarté de nos étés trop courts!
    • Chant d'Automne [Song of Autumn], Les Fleurs du Mal (1857) [10]
  • I am a cemetery loathed by the moon.
    • Je suis un cimetière abhorré de la lune.
    • Spleen (II), Les Fleurs du Mal (1857) [11]
  • Ant-swarming city, city abounding in dreams,
    Where ghosts in broad daylight accost the passerby!
    • Fourmillante cité, cité pleine de rêves,
      Où le spectre en plein jour raccroche le passant !
    • Les Sept Vieillards [The Seven Old Men], Les Fleurs du Mal (1857) [12]
  • It is the hour when the swarm of malevolent dreams
    Makes sun-browned adolescents writhe upon their pillows.
    • C'était l'heure où l'essaim des rêves malfaisants
      Tord sur leurs oreillers les bruns adolescents.
    • Le Crépuscule du Matin [Morning Twilight], Les Fleurs du Mal (1857) [13]
  • It is imagination that has taught man the moral sense of color, of contour, of sound and of scent. It created, in the beginning of the world, analogy and metaphor. It disassembles creation, and with materials gathered and arranged by rules whose origin is only to be found in the very depths of the soul, it creates a new world, it produces the sensation of the new. As it has created the world (this can be said, I believe, even in the religious sense), it is just that it should govern it.
    • C'est l'imagination qui a enseigné à l'homme le sens moral de la couleur, du contour, du son et du parfum. Elle a créé, au commencement du monde, l'analogie et la métaphore. Elle décompose toute la création, et, avec les matériaux amassés et disposés suivant des règles dont on ne peut trouver l'origine que dans le plus profond de l'âme, elle crée un monde nouveau, elle produit la sensation du neuf. Comme elle a créé le monde (on peut bien dire cela, je crois, même dans un sens religieux), il est juste qu'elle le gouverne.
    • Lettres à M. le Directeur de La revue française, III: La reine des facultés, Salon de 1859 (1859) [14]
  • Imagination is the queen of truth, and possibility is one of the regions of truth. She is positively akin to infinity.

    Without her, all the faculties, sound and acute though they may be, seem nonexistent; whereas the weakness of some secondary faculties is a minor misfortune if stimulated by a vigorous imagination. None of them could do without her, and she is able to compensate for some of the others. Often what they look for, finding it only after a series of attempts by several methods not adapted to the nature of things, she intuits, proudly and simply. Lastly, she plays a role even in morality; for, allow me to go so far as to say, what is virtue without imagination?
    • L'imagination est la reine du vrai, et le possible est une des provinces du vrai. Elle est positivement apparentée avec l'infini.

      Sans elle, toutes les facultés, si solides ou si aiguisées qu'elles soient, sont comme si elles n'étaient pas, tandis que la faiblesse de quelques facultés secondaires, excitées par une imagination vigoureuse, est un malheur secondaire. Aucune ne peut se passer d'elle, et elle peut suppléer quelques-unes. Souvent ce que celles-ci cherchent et ne trouvent qu'après les essais successifs de plusieurs méthodes non adaptées à la nature des choses, fièrement et simplement elle le devine. Enfin elle joue un rôle puissant même dans la morale; car, permettez-moi d'aller jusque-là, qu'est-ce que la vertu sans imagination?
    • Lettres à M. le Directeur de La revue française, III: La reine des facultés, Salon de 1859 (1859)
  • Alas, the vices of man, as horrifying as they are presumed to be, contain proof (if only in their infinite expansiveness!) of his bent for the infinite.
    • Hélas ! les vices de l’homme, si pleins d’horreur qu’on les suppose, contiennent la preuve (quand ce ne serait que leur infinie expansion!) de son goût de l’infini.
    • Le poème du haschisch, I: Le goût de l’infini, Les paradis artificiels, (1860) [15]
  • A man who from the beginning has long been soaked in the languid atmosphere of a woman, the scent of her hands, her bosom, her knees, her hair, her lithe and flowing clothes,

    Sweet bath, suavely
    Scented with ointments,

    has acquired a delicacy of skin, a refinement of tone, a kind of androgyny without which the toughest and most virile of geniuses remains, when it comes to artistic perfection, an incomplete being.
    • L’homme qui, dès le commencement, a été longtemps baigné dans la molle atmosphère de la femme, dans l’odeur de ses mains, de son sein, de ses genoux, de sa chevelure, de ses vêtements souples et flottants,

      Dulce balneum suavibus
      Unguentatum odoribus,

      y a contracté une délicatesse d’épiderme et une distinction d’accent, une espèce d’androgynéité, sans lesquelles le génie le plus âpre et le plus viril reste, relativement à la perfection dans l’art, un être incomplet.
    • Un mangeur d'opium, VII: Chagrins d'enfance, Les Paradis Artificiels (1860) [16]
  • Everything, alas, is an abyss,— actions, desires, dreams,
    Words!
    • Hélas! tout est abîme,— action, désir, rêve,
      Parole!
    • Le Gouffre [The Abyss], Nouvelles Fleurs du Mal (1862) [17]
  • You gave me your mud and I have turned it to gold.
    • Tu m’as donné ta boue et j’en ai fait de l’or.
    • Ébauche d’un épilogue pour la 2e édition, Les Fleurs du Mal, Appendice II: Autres pièces [18]
  • Which one of us has not dreamed, on ambitious days, of the miracle of a poetic prose: musical, without rhythm or rhyme; adaptable enough and discordant enough to conform to the lyrical movements of the soul, the waves of revery, the jolts of consciousness?

    Above all else, it is residence in the teeming cities, it is the crossroads of numberless relations that gives birth to this obsessional ideal.
    • Quel est celui de nous qui n'a pas, dans ses jours d'ambition, rêvé le miracle d'une prose poétique, musicale sans rythme et sans rime, assez souple et assez heurtée pour s'adapter aux mouvements lyriques de l'âme, aux ondulations de la rêverie, aux soubresauts de la conscience?

      C'est surtout de la fréquentation des villes énormes, c'est du croisement de leurs innombrables rapports que naît cet idéal obsédant.
    • Dédicace, À Arsène Houssaye, Le Spleen de Paris (1862) [19]
  • The study of beauty is a duel in which the artist cries out in terror before being defeated.
    • L'étude du beau est un duel où l'artiste crie de frayeur avant d'être vaincu.
    • Le Confiteor de l'artiste, Le Spleen de Paris, III (1862) [20]
  • What matters an eternity of damnation to someone who has found in one second the infinity of joy?
    • Mais qu'importe l'éternité de la damnation à qui a trouvé dans une seconde l'infini de la jouissance?
    • Le Mauvais Vitrier, Le Spleen de Paris, IX (1862) [21]
  • What good is it to accomplish projects, when the project itself is enjoyment enough?
    • Et à quoi bon exécuter des projets, puisque le projet est en lui-même une jouissance suffisante?
    • Les Projets, Le Spleen de Paris, XXIV (1862) [22]
  • There is no sweeter pleasure than to surprise a man by giving him more than he hopes for.
    • Il n'est pas de plaisir plus doux que de surprendre un homme en lui donnant plus qu'il n'espère.
    • La Fausse Monnaie, Le Spleen de Paris, XXVIII (1862) [23]
  • To be wicked is never excusable, but there is some merit in knowing that you are; the most irreparable of vices is to do evil from stupidity.
    • On n'est jamais excusable d'être méchant, mais il y a quelque mérite à savoir qu'on l'est; et le plus irréparable des vices est de faire le mal par bêtise.
    • La Fausse Monnaie, Le Spleen de Paris, XXVIII (1862)
  • The soul is a thing so impalpable, so often useless and sometimes so embarrassing that I suffered, upon losing it, a little less emotion than if I had mislaid, while out on a stroll, my calling-card.
    • L'âme est une chose si impalpable, si souvent inutile et quelquefois si gênante, que je n'éprouvai, quant à cette perte, qu'un peu moins d'émotion que si j'avais égaré, dans une promenade, ma carte de visite.
    • Le Joueur généreux, Le Spleen de Paris, XXIX (1862) [24]
  • The finest trick of the devil is to persuade you that he does not exist.
    • La plus belle des ruses du diable est de vous persuader qu'il n'existe pas.
    • Le Joueur généreux, Le Spleen de Paris, XXIX (1862)
  • This life is a hospital where each patient is possessed by the desire to change his bed.
    • Cette vie est un hôpital où chaque malade est possédé du désir de changer de lit.
    • Any where out of the world, Le Spleen de Paris, XLVIII (1862) [25]
  • Genius is only childhood recovered at will, childhood now gifted to express itself with the faculties of manhood and with the analytic mind that allows him to give order to the heap of unwittingly hoarded material.
    • Le génie n'est que l'enfance retrouvée à volonté, l'enfance douée maintenant, pour s'exprimer, d'organes virils et de l'esprit analytique qui lui permet d'ordonner la somme de matériaux involontairement amassée.
    • L'artiste, homme du monde, homme des foules et enfant, Le peintre de la vie moderne, III (1863) [26]
  • The observer is a prince who enjoys his incognito everywhere. The lover of life makes the world his family, just as the lover of the fair sex devises his family from all discovered, discoverable and undiscoverable beauties; as the lover of pictures lives in an enchanted society of painted dreams on canvas.
    • L'observateur est un prince qui jouit partout de son incognito. L'amateur de la vie fait du monde sa famille, comme l'amateur du beau sexe compose sa famille de toutes les beautés trouvées, trouvables et introuvables; comme l'amateur de tableaux vit dans une société enchantée de rêves peints sur toile.
    • L'artiste, homme du monde, homme des foules et enfant, Le peintre de la vie moderne, III (1863)
  • Certainly this man, such as I have described him, this loner who is gifted with an active imagination, traversing forever the vast desert of men, has a loftier aim than that of a simple idler, an aim more general than the passing pleasure of circumstance. He is looking for what one might be allowed to call modernity; for no better word presents itself to express the idea in question. What concerns him is to release the poetry of fashion from its historical trappings, to draw the eternal out of the transient.
    • A coup sûr, cet homme, tel que je l'ai dépeint, ce solitaire doué d'une imagination active, toujours voyageant à travers le grand désert d'hommes, a un but plus élevé que celui d'un pur flâneur, un but plus général, autre que le plaisir fugitif de la circonstance. Il cherche ce quelque chose qu'on nous permettra d'appeler la modernité; car il ne se présente pas de meilleur mot pour exprimer l'idée en question. Il s'agit, pour lui, de dégager de la mode ce qu'elle peut contenir de poétique dans l'historique, de tirer l'éternel du transitoire.
    • La modernité, Le peintre de la vie moderne, IV (1863) [27]
  • Evil happens without effort, naturally, inevitably; good is always the product of skill.
    • Le mal se fait sans effort, naturellement, par fatalité; le bien est toujours le produit d'un art.
    • Éloge du maquillage, Le peintre de la vie moderne, XI (1863) [28]
  • Perhaps it would be sweet to be, in turn, both victim and executioner.
    • Il serait peut-être doux d'être alternativement victime et bourreau.
    • Mon cœur mis à nu (1864) from Journaux Intimes (published 1887) [29]
  • A woman is natural: that is to say, abominable.
    • La femme est naturelle, c'est-à-dire abominable.
    • Mon cœur mis à nu (1864) from Journaux Intimes (published 1887)
  • To be a serviceable man has always seemed to me something quite repulsive.
    • Être un homme utile m'a paru toujours quelque chose de bien hideux.
    • Mon cœur mis à nu (1864) from Journaux Intimes (published 1887)
  • It is necessary to work, if not from inclination, at least from despair. As it turns out, work is less boring than amusing oneself.
    • Il faut travailler, sinon par goût, au moins par désespoir, puisque, tout bien vérifié, travailler est moins ennuyeux que s'amuser.
    • Mon cœur mis à nu (1864) from Journaux Intimes (published 1887)
  • There are in every man, at all times, two simultaneous tendencies, one toward God, the other toward Satan.
    • Il y a dans tout homme, à toute heure, deux postulations simultanées, l'une vers Dieu, l'autre vers Satan.
    • Mon cœur mis à nu (1864) from Journaux Intimes (published 1887)
  • There exist only three beings worthy of respect: the priest, the soldier, the poet. To know, to kill, to create.
    • Il n'existe que trois êtres respectables : le prêtre, le guerrier, le poète. Savoir, tuer et créer.
    • Mon cœur mis à nu (1864) from Journaux Intimes (published 1887)
  • Unable to do away with love, the Church found a way to decontaminate it by creating marriage.
    • Ne pouvant supprimer l'amour, l'Église a voulu au moins le désinfecter, et elle a fait le mariage.
    • Mon cœur mis à nu (1864) from Journaux Intimes (published 1887)
  • I have always been astonished that women are allowed to enter churches. What talk can they have with God?
    • J'ai toujours été étonné qu'on laissât les femmes entrer dans les églises. Quelle conversation peuvent-elles avoir avec Dieu?
    • Mon cœur mis à nu (1864) from Journaux Intimes (published 1887)
  • Women do not know how to separate the soul from the body.
    • La femme ne sait pas séparer l'âme du corps.
    • Mon cœur mis à nu (1864) from Journaux Intimes (published 1887)
  • This is what a girl really is.

    A little fool, a little slut; the greatest idiocy united with the greatest depravity.
    • La jeune fille, ce qu'elle est en réalité.

      Une petite sotte et une petite salope ; la pœlus grande imbécile unie à la plus grande dépravation.
    • Mon cœur mis à nu (1864) from Journaux Intimes (published 1887)
  • To glorify the cult of images (my great, my only, my earliest passion).
    • Glorifier le culte des images (ma grande, mon unique, ma primitive passion).
    • Mon cœur mis à nu (1864) from Journaux Intimes (published 1887)
  • It is by universal misunderstanding that we agree with each other.

    If, by some misfortune, we understood each other, we would never agree.
    • C'est par le malentendu universel que tout le monde s'accorde.

      Car si, par malheur, on se comprenait, on ne pourrait jamais s'accorder.
    • Mon cœur mis à nu (1864) from Journaux Intimes (published 1887)
  • One can only forget about time by making use of it.
    • On ne peut oublier le temps qu'en s'en servant.
    • Mon cœur mis à nu (1864) from Journaux Intimes (published 1887)
  • To do one's duty every day and trust in God for tomorrow.
    • Faire son devoir tous les jours et se fier à Dieu, pour le lendemain.
    • Mon cœur mis à nu (1864) from Journaux Intimes (published 1887)
  • God is the only being who need not even exist in order to reign.

    Whatever is created by the spirit is more alive than matter.
    • Dieu est le seul être qui, pour régner, n'ait même pas besoin d'exister.

      Ce qui est créé par l’esprit est plus vivant que la matière.
    • Fusées, I (1867) from Journaux Intimes (published 1887) [30]
  • The act of love strongly resembles torture or surgery.
  • L’amour ressemblait fort à une torture ou à une opération chirurgicale.
    • Fusées, III (1867) from Journaux Intimes (published 1887)
  • To love intelligent women is the pleasure of a pederast.
    • Aimer les femmes intelligentes est un plaisir de pédéraste.
    • Fusées, VI (1867) from Journaux Intimes (published 1887)
  • These tall and handsome ships, swaying imperceptibly on tranquil waters, these sturdy ships, with their inactive, nostalgic appearance, don’t they say to us in a speechless tongue: When do we cast off for happiness?
    • Ces beaux et grands navires, imperceptiblement balancés (dandinés) sur les eaux tranquilles, ces robustes navires, à l'air désœuvré et nostalgique, ne nous disent-ils pas dans une langue muette : Quand partons-nous pour le bonheur?
    • Fusées, XI (1867) from Journaux Intimes (published 1887)
  • I can scarcely conceive (would my brain be a spellbound mirror?) a type of beauty without unhappiness. Supported by— others would say, obsessed by— these notions, one may conceive it would be difficult for me not to conclude that the most perfect type of masculine beauty is Satan,— as rendered by Milton.
    • Je ne conçois guère (mon cerveau serait-il un miroir ensorcelé?) un type de Beauté où il n'y ait du Malheur. Appuyé sur — d'autres diraient: obsédé par— ces idées, on conçoit qu'il me serait difficile de en pas conclure que le plus parfait type de Beauté virile est Satan, — à la manière de Milton.
    • Fusées, XVI (1867) from Journaux Intimes (published 1887)
  • What is intoxicating about bad taste is the aristocratic pleasure of offensiveness.
    • Ce qu'il y a d'enivrant dans le mauvais goût, c'est le plaisir aristocratique de déplaire.
    • Fusées, XVIII (1867) from Journaux Intimes (published 1887)
  • The phrase "a literature of decadence" implies a scale of literature: infancy, childhood, adolescence, etc. This term, I would say, supposes something fateful and providential, like an inescapable decree; and it is completely unjust to reproach us for the fulfillment of a law that is mysterious. All I can understand of this academic saying is that it is shameful to obey this law pleasurably, and that we are guilty of rejoicing in our destiny.
    • Le mot littérature de décadence implique qu'il y a une échelle de littératures, une vagissante, une puérile, une adolescente, etc. Ce terme, veux-je dire, suppose quelque chose de fatal et de providentiel, comme un décret inéluctable; et il est tout à fait injuste de nous reprocher d'accomplir la loi mystérieuse. Tout ce que je puis comprendre dans la parole académique, c'est qu'il est honteux d'obéir à cette loi avec plaisir, et que nous sommes coupables de nous réjouir dans notre destinée.
    • "Notes nouvelles sur Edgar Poe," I, L'art romantique, XI (1869) [31]
  • Progress, that great heresy of degenerates.
    • Le progrès, cette grande hérésie de la décrépitude.
    • "Notes nouvelles sur Edgar Poe," II, L'art romantique, XI (1869)
  • An artist is only an artist thanks to his exquisite sense of beauty— a sense which provides him with intoxicating delights, but at the same time implying and including a sense, equally exquisite, of all deformity and disproportion.
    • Un artiste n'est un artiste que grâce à son sens exquis du beau,— sens qui lui procure des jouissances enivrantes, mais qui en même temps implique, enferme un sens également exquis de toute difformité et de toute disproportion.
    • "Notes nouvelles sur Edgar Poe," IV, L'art romantique, XI (1869)
  • It is at once by way of poetry and through poetry, as with music, that the soul glimpses splendors from beyond the tomb; and when an exquisite poem brings one’s eyes to the point of tears, those tears are not evidence of an excess of joy, they are witness far more to an exacerbated melancholy, a disposition of the nerves, a nature exiled among imperfect things, which would like to possess, without delay, a paradise revealed on this very same earth.
    • C'est à la fois par la poésie et à travers la poésie, par et à travers la musique, que l'âme entrevoit les splendeurs situées derrière le tombeau; et, quand un poème exquis amène les larmes au bord des yeux, ces larmes ne sont pas la preuve d'un excès de jouissance, elles sont bien plutôt le témoignage d'une mélancolie irritée, d'une postulation des nerfs, d'une nature exilée dans l'imparfait et qui voudrait s'emparer immédiatement, sur cette terre même, d'un paradis révélé.
    • "Notes nouvelles sur Edgar Poe," IV, L'art romantique, XI (1869)
  • There is in a word, in a verb, something sacred which forbids us from using it recklessly. To handle a language cunningly is to practice a kind of evocative sorcery.
    • Il y a dans le mot, dans le verbe , quelque chose de sacré qui nous défend d'en faire un jeu de hasard. Manier savamment une langue, c'est pratiquer une espèce de sorcellerie évocatoire.
    • "Théophile Gautier," L'art romantique, XIV (1869) [32]
  • All great poets become naturally, fatally, critics.
    • Tous les grands poètes deviennent naturellement, fatalement, critiques.
    • "Richard Wagner et Tannhäuser à Paris," L'art romantique, XIV (1869) [33]
  • The Revolution had been made by voluptuaries.
    • La Révolution a été faite par des voluptueux.
    • "Les liaisons dangereuses," Appendix to L'art romantique (1869) [34]

Misattributed

  • God would be unjust if we were not guilty.
    • Dieu serait injuste si nous n'étions pas coupables.
    • Blaise Pascal, Pensées: It is necessary that we were born guilty, or God would be unjust [Il faut que nous naissions coupables, ou Dieu serait injuste]. This is Pensée 431 in the Édition Gallimard, 1962. It is found in the section entitled "The Signs of True Religion" [Les Marques de la Vraie Religion]
    • English text, #489; French text, #205

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